Parlons démocratie !

Association visant à diffuser la connaissance

des institutions démocratiques et à favoriser l’engagement civique

Parlons démocratie !

Association visant à diffuser la connaissance

des institutions démocratiques

et à favoriser l’engagement civique

L’ASSOCIATION

Parlons Démocratie est une association ayant pour objet de partager le plus largement possible la connaissance des institutions et du fonctionnement de la démocratie.

Elle est composée de personnes qui travaillent ou ont travaillé dans les institutions publiques (Parlement, collectivités territoriales, juridictions, etc.) ou qui ont développé une expérience et une culture démocratiques particulières.

Elle a pour objet d’apporter une « vision de l’intérieur », sans prise de parti politique, qui permet de mieux comprendre le fonctionnement et les pratiques démocratiques.

Présentation

Informer, partager, discuter des thématiques liées au fonctionnement de la démocratie, simuler des débats parlementaires, expérimenter la délibération collective…

L’association

Apporter une « vision de l’intérieur » pour permettre de mieux comprendre le fonctionnement et les pratiques démocratiques, informer pour mieux participer aux débats publics…

Nos interventions

Nous proposons différents formats d’interventions, adaptés à chaque fois au public concerné…

Nous solliciter

Vous souhaitez demander une intervention d’un membre de l’association en lien avec la démocratie ou les institutions politiques…

Que proposons-nous ?

Parlons Démocratie propose des interventions portant sur la connaissance des institutions démocratiques sur des thématiques telles que l’élaboration de la loi ou le fonctionnement des institutions démocratiques.

La durée et le format des interventions sont adaptés au public concerné (scolaire, universitaire, professionnel, grand public, etc.). Les interventions sont réalisées à titre bénévole.

Nous pouvons également organiser des simulations de débats parlementaires.

25 juin 2021

« Parlons Démocratie, une association pour apprendre à devenir citoyen »

Parlons démocratie, une association pour apprendre à devenir citoyen

REPORTAGE – Les intervenants de cette association, créée en mai 2020, ont pour trait commun de connaître le fonctionnement politique de l’intérieur.

Par Charles Sapin

Publié le 24/06/2021 à 20:03, Mis à jour le 24/06/2021 à 20:38

Éric Buge, fondateur de l’association Parlons démocratie, lors de son intervention devant des collégiens de l’établissement François-d’Assise, le 14 juin au Lion-d’Angers (Maine-et-Loire). Charles Sapin / Le Figaro

« Est-ce que quelqu’un sait quand sont les prochaines élections ? » « En 2022 ! », répondent en chœur la trentaine de troisièmes de la classe Luther King. À l’image de nombre de leurs aînés, les collégiens de l’établissement François d’Assise, au Lion-d’Angers dans le Maine-et-Loire, étaient loin d’imaginer quelques jours avant le scrutin la tenue, dimanche dernier, d’élections départementales et régionales. Sur l’écran du rétroprojecteur, les élèves reconnaissent pourtant sans difficulté les visages des candidats de la dernière présidentielle : Emmanuel Macron, bien sûr. Marine Le Pen, Jean Lassalle et même Nicolas Dupont-Aignan. Face à eux, Éric Buge sourit.

Cet ancien administrateur de l’Assemblée nationale n’est pas venu dans ce collège rural, à 20 kilomètres d’Angers, pour contrôler la bonne connaissance du calendrier électoral. Mais pour répondre à un manque bien plus criant : le peu d’intérêt et de connaissance de nos institutions comme de ce qui fonde, plus largement, une démocratie.

Une des causes, veut-il croire, de l’abstention galopante scrutin après scrutin, chez les plus jeunes électeurs, notamment. Lors des municipales en 2020, 72 % des 18-34 ans ont préféré bouder les urnes. Ils étaient 82 % dimanche dernier selon une enquête Ifop. « On ne peut plus dire que la démocratie est acquise, soutient Éric Buge qui est aujourd’hui maître des requêtes au Conseil d’État. Que ce soit l’abstention colossale, l’attentat de Charlie Hebdo et ce qui a suivi, la montée de populismes autoritaires dans des démocraties parfois parmi les plus anciennes, plus récemment l’invasion du Congrès américain… On voit bien que la démocratie n’est plus garantie, c’est redevenu un combat. »

« Un important déficit de formation »

Pour le mener en première ligne, le trentenaire a créé une association en mai 2020 : Parlons démocratie. Ils sont une quarantaine à l’avoir rejoint depuis, ayant pour trait commun de connaître le fonctionnement politique de l’intérieur. Parmi eux, beaucoup de fonctionnaires parlementaires, d’anciens magistrats comme Jean-Louis Nadal, des préfets à l’image de Nicole Klein, et même quelques journalistes. Tous se relaient dans les salles de classe partout en France pour expliquer le fonctionnement de nos institutions, l’importance du vote et chasser, au passage, quelques fantasmes que charrient les réseaux sociaux sur le monde politique.

« Nous avons un important déficit de formation, témoigne la professeur d’histoire-géographie à l’initiative de laquelle l’association a été conviée au Lion d’Angers. On nous demande de former les élèves à l’éducation civique. Mais nous sommes formés à l’histoire et à la géographie, pas à autre chose. Du coup, cet enseignement citoyen est le plus souvent laissé de côté. » Dans le gymnase de l’établissement, Éric Buge questionne les élèves : qu’est-ce qu’une démocratie ? « Chacun à son avis et a le droit de le défendre », tente Louis, 14 ans. Sommes-nous en démocratie ? « Pas complètement, parce qu’on ne décide pas des lois et on n’élit pas les ministres », oppose Alexandre. Qu’est qu’être citoyen ? « J’aimerais que vous leviez la main pour répondre car la démocratie exige aussi des règles », finit par illustrer malgré lui le professeur d’un jour. Avant de pousser l’ambition jusqu’à détailler ce qu’est une navette parlementaire et la mission d’une commission mixte paritaire…

Place aux travaux pratiques. L’après-midi, les élèves sont invités à discuter d’une proposition de loi. Le texte comporte deux articles. Le premier ouvre le droit de vote à 16 ans. Le second maintient l’âge minimum de 18 ans pour être élu. Chaque collégien a préparé son amendement. Les oppositions éclatent au moment de les défendre. « On n’a pas suffisamment d’expérience pour voter », assure Kylian. « Toutes les responsabilités d’adulte nous tombent dessus à 18 ans. Pourquoi pas commencer à voter avant pour s’habituer », propose Louise. « Ça va faire baisser le niveau de participation », s’inquiète Nathan. L’abaissement du droit de vote à 16 ans sera finalement rejeté par 23 voix contre 2. Un second groupe rehaussera, lui, à 21 ans l’âge minimum pour aller voter. Mais chacun aura compris l’importance d’exprimer son avis.

« C’est dans le gouvernement républicain

que l’on a besoin de toute la

puissance de l’éducation »

Montesquieu